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Interview de Jean Jacques Jeannin de Coaching by JJ : Le pouvoir du coaching pour révéler le potentiel individuel et collectif

Jean-Jacques, vous avez plus de 30 ans d’expérience et avez fondé Coaching by JJ avec l’idée de placer l’humain au centre : quel a été le déclic qui vous a fait comprendre, concrètement, que le coaching pouvait devenir un vrai levier pour révéler le potentiel individuel et collectif dans les PME ?

Ce n’est pas une idée théorique qui m’a amené au coaching, c’est une expérience de terrain.

Pendant plus de 30 ans, j’ai travaillé au cœur des entreprises, au contact direct des dirigeants, des managers et des équipes. J’ai vu des organisations compétentes, structurées, parfois même performantes sur le papier… mais freinées dans leur fonctionnement quotidien.
Non pas par un manque de savoir-faire, mais par des difficultés beaucoup plus concrètes : des incompréhensions, des tensions mal régulées, des décisions mal relayées, des managers qui n’osaient pas vraiment exercer leur rôle, et des équipes qui perdaient progressivement leur capacité à agir ensemble.

Le déclic est venu de là.

Je me suis rendu compte que, dans beaucoup de situations, le problème n’était pas technique, mais relationnel et managérial.
Et surtout, que ces difficultés n’étaient pas traitées au bon endroit. On formait, on réorganisait, on ajoutait des procédures… mais on ne travaillait pas sur ce qui se jouait réellement entre les personnes.

Le moment clé

Un moment m’a particulièrement marqué.

J’accompagnais une équipe où les tensions étaient fortes. Le dirigeant pensait avoir un problème de compétences, les managers se sentaient en difficulté, et les collaborateurs parlaient d’un manque de clarté et de reconnaissance.

Au lieu de proposer une formation classique, j’ai travaillé avec eux directement dans leurs situations réelles : réunions, prises de décision, échanges quotidiens.

Et en quelques séances, quelque chose de très concret s’est produit :

des décisions sont devenues plus claires,
des non-dits ont pu être exprimés sans conflit,
les managers ont repris leur place,
et l’équipe a recommencé à fonctionner de manière coordonnée.

Rien n’avait changé sur le plan technique.
Mais tout avait changé dans la manière de communiquer, de se positionner et d’agir ensemble.

La prise de conscience

C’est là que j’ai compris quelque chose de fondamental :

👉 le potentiel est presque toujours déjà présent dans l’entreprise
👉 mais il est empêché par des dysfonctionnements relationnels, des flous managériaux et des modes de fonctionnement implicites.

Et que, lorsqu’on travaille précisément à cet endroit-là,
les transformations peuvent être rapides, visibles et durables.

Pourquoi les PME sont particulièrement concernées

Dans les PME et les TPE, tout est plus direct :

les interactions sont plus fréquentes,
les décisions ont un impact immédiat,
les tensions se ressentent plus vite,
et les marges d’erreur sont plus faibles.

Mais c’est aussi là que le levier est le plus puissant.

Quand on remet de la clarté, de la responsabilité et de la qualité relationnelle dans une PME,
les effets sont rapides : la communication se fluidifie, les décisions s’accélèrent, la coopération revient.

Dans votre pratique, comment articulez-vous très concrètement coaching individuel, coaching d’équipe et formation (vente, négociation, management, leadership) pour transformer non seulement les performances commerciales, mais aussi la dynamique relationnelle au sein d’une petite structure ?

Dans ma pratique, je ne traite jamais le coaching individuel, le coaching d’équipe et la formation comme des dispositifs séparés.
Je les articule comme un seul système d’intervention, au service d’un objectif : faire évoluer à la fois la performance et la qualité des interactions.

Un point de départ : le réel, pas le programme
Tout commence par une lecture précise de la situation :
• comment se prennent les décisions,
• comment se passent les échanges (internes et clients),
• où se situent les tensions,
• et ce qui freine concrètement la performance (commerciale ou managériale).
Cela permet d’éviter l’erreur classique : proposer une formation standard là où le problème est ailleurs.

Le coaching individuel : travailler la posture là où elle se joue
Le coaching individuel (dirigeant, managers, commerciaux) sert à traiter :
• la manière de décider,
• la posture relationnelle,
• la capacité à dire, cadrer, négocier,
• et les points de blocage personnels (éviter un recadrage, difficulté à conclure, peur du conflit, etc.).
C’est ici que se fait le travail de fond :
aligner la personne avec son rôle et ses responsabilités.

Le coaching d’équipe : remettre du fonctionnement collectif
Le coaching collectif intervient pour traiter ce qui ne peut pas se régler seul :
• les malentendus,
• les tensions entre fonctions (commercial / production, par exemple),
• les problèmes de coordination,
• les dysfonctionnements dans les réunions ou les prises de décision.
On travaille à partir de situations réelles :
• une réunion mal conduite,
• une négociation interne ou client,
• un désaccord non traité.
L’objectif :
transformer les interactions pour rendre l’équipe opérationnelle.

La formation : apporter des repères immédiatement utilisables
La formation (vente, négociation, management, leadership) vient en complément, mais toujours ancrée dans le réel.
Elle sert à :
• structurer une démarche commerciale,
• améliorer une posture de négociation,
• donner des repères concrets en management ou communication.
Mais surtout :
elle est directement reliée aux situations vécues par les participants.
On ne forme pas “en général” :
on travaille sur leurs clients, leurs rendez-vous, leurs problématiques.

L’articulation concrète des trois
Ce qui fait la différence, c’est la circulation entre les niveaux :
• un point vu en coaching individuel est retravaillé en collectif,
• une difficulté observée en équipe devient un sujet de coaching individuel,
• une situation vécue sert de base à une séquence de formation.
Rien n’est isolé.
Tout est relié et réinjecté dans l’action.

L’impact sur la performance commerciale
Dans une petite structure, la performance commerciale ne dépend pas uniquement de techniques de vente.
Elle dépend de :
• la clarté des offres,
• la qualité des échanges internes,
• la capacité à se coordonner,
• la posture des commerciaux face aux clients.
En travaillant simultanément :
• la posture individuelle,
• les interactions d’équipe,
• et les compétences commerciales,
on obtient :
• des échanges clients plus fluides,
• des négociations plus maîtrisées,
• une meilleure conversion,
• et moins de perte d’énergie en interne.

L’impact sur la dynamique relationnelle
En parallèle, on observe rapidement :
• moins de tensions implicites,
• une communication plus directe,
• des rôles mieux assumés,
• et une coopération plus naturelle.
L’équipe passe d’un fonctionnement fragmenté
à un fonctionnement coordonné.

En synthèse
Je n’additionne pas :
• du coaching,
• de la formation,
• et du travail d’équipe.
Je construis un dispositif cohérent où chaque levier agit sur les autres.
C’est cette articulation qui permet de transformer à la fois :
• la performance économique (vente, négociation, résultats)
et
• la qualité du fonctionnement humain (relations, communication, management)
Dans une PME ou une TPE, les deux sont indissociables.
Et c’est précisément là que se situe le levier de transformation durable.

Vous intervenez beaucoup sur la gestion émotionnelle, le contrôle mental et l’optimisation des comportements : pouvez-vous décrire un cas (sans le trahir) où le travail sur ces dimensions a profondément changé la posture d’un dirigeant ou d’une équipe, et donc les résultats de l’entreprise ?

Oui, je pense à un cas très parlant, sans entrer dans des éléments identifiants.
Il s’agissait d’un dirigeant de PME en forte pression : croissance rapide, enjeux financiers importants, équipe à structurer. Sur le plan technique, il était très compétent. Mais dans les faits, quelque chose bloquait :
• il intervenait dans tous les sujets,
• il réagissait fortement sous stress,
• et ses prises de parole généraient de la tension plutôt que de la clarté.
L’équipe était en attente permanente de validation, les managers n’osaient pas décider, et les échanges devenaient de plus en plus tendus.

Comprendre le mécanisme interne
Le travail n’a pas commencé par des outils de management, mais par une observation fine de son fonctionnement :
• montée rapide en pression face à l’incertitude,
• besoin de contrôle pour se rassurer,
• réactions émotionnelles qui court-circuitaient sa capacité à poser un cadre clair.
Autrement dit : ce n’était pas un problème de compétence,
mais un problème de régulation interne.

Le travail effectué
Nous avons travaillé sur trois dimensions en parallèle :

  1. Gestion émotionnelle
Identifier les signaux faibles (tension, impatience, agacement) avant qu’ils ne débordent.
Mettre en place des points de régulation simples : respiration, prise de recul, reformulation.
  1. Contrôle mental (au sens de maîtrise des pensées automatiques)
Sortir de certains réflexes :
• “si je ne contrôle pas, ça va déraper”
• “je dois intervenir tout de suite”
Remplacer ces automatismes par des choix conscients.
  1. Optimisation des comportements
Travailler très concrètement :
• ses prises de parole en réunion,
• sa manière de recadrer,
• sa façon de déléguer et de poser un cadre.
Chaque situation réelle devenait un terrain d’ajustement.

Ce qui a changé
En quelques semaines, plusieurs évolutions majeures :
• des interventions plus posées et plus lisibles,
• une baisse nette de la tension dans les échanges,
• des managers qui ont commencé à prendre des décisions,
• et une équipe moins dépendante du dirigeant.
Mais surtout, un changement de posture :
il est passé d’un dirigeant “réactif sous pression”
à un dirigeant capable de contenir, clarifier et orienter.

L’impact sur les résultats
Les effets ont été très concrets :
• meilleure fluidité dans les décisions,
• réduction des blocages opérationnels,
• gain de temps (moins d’aller-retour inutiles),
• et amélioration de la performance commerciale (meilleure coordination entre équipes).
Mais au-delà des indicateurs, le point clé a été :
l’entreprise a retrouvé une capacité à fonctionner sans saturation du dirigeant.

Ce que ce cas montre
Ce type de situation est très fréquent.
On cherche souvent à améliorer :
• les process,
• les outils,
• les compétences techniques,
alors que le véritable levier se situe ailleurs :
dans la manière dont une personne régule ses émotions, pense une situation et agit dans l’instant.

En synthèse
Quand un dirigeant :
• régule mieux ses réactions,
• clarifie ses pensées,
• ajuste ses comportements,
il transforme immédiatement :
• la qualité des interactions,
• la dynamique de son équipe,
• et, par conséquence, les résultats de l’entreprise.
C’est à cet endroit précis — entre émotion, pensée et action —
que se joue une grande partie de la performance réelle.

De nombreuses petites entreprises considèrent encore le coaching comme un luxe « pour les grands groupes » : quelles résistances spécifiques rencontrez-vous sur le terrain, et comment les levez-vous pour montrer que le coaching est en réalité un investissement opérationnel et durable ?

C’est une réalité : dans beaucoup de TPE et PME, le coaching est encore perçu comme un “plus”, voire comme quelque chose de réservé aux grandes entreprises.
Mais cette perception repose sur plusieurs résistances très concrètes.
Les résistances que je rencontre le plus souvent

  1. “On n’a pas le temps” (en réalité : on est déjà saturé)
Le dirigeant est dans l’opérationnel, les urgences s’enchaînent, et tout ce qui n’est pas immédiatement productif est repoussé.
Le coaching est perçu comme une interruption, alors qu’il est justement un levier pour sortir de cette saturation.
  1. “On n’a pas le budget”
Dans une petite structure, chaque dépense est arbitrée.
Le coaching est vu comme un coût, pas comme un investissement, car ses effets ne sont pas toujours visibles à court terme… du moins en apparence.
  1. “On n’a pas de problème, on a juste besoin de travailler”
Beaucoup d’équipes fonctionnent “à peu près”, ce qui masque :
• des tensions latentes,
• des pertes d’efficacité,
• des décisions mal relayées.
Le dysfonctionnement n’est pas toujours identifié comme tel.
  1. La crainte d’ouvrir des sujets sensibles
Dirigeants comme équipes peuvent hésiter à :
• parler des tensions,
• remettre en question certains modes de fonctionnement,
• ou exposer des fragilités.
Il y a une peur implicite de “perdre le contrôle”.
  1. La confusion avec des approches trop théoriques
Beaucoup associent encore le coaching ou la formation à :
• des concepts abstraits,
• des outils déconnectés du terrain,
• ou des interventions peu concrètes.
D’où une forme de scepticisme légitime.

Comment je lève ces résistances
En partant toujours du réel
Je ne parle pas de coaching “en général”.
Je pars de situations très concrètes :
• une réunion inefficace,
• une décision mal comprise,
• une tension entre deux personnes,
• une difficulté commerciale.
Dès que le dirigeant voit que l’on travaille sur son quotidien,
la perception change immédiatement.
En produisant des effets visibles rapidement
Dans les premières séances, l’objectif n’est pas de “transformer l’entreprise”, mais de :
• clarifier une situation,
• débloquer une interaction,
• améliorer un fonctionnement précis.
Quand un dirigeant constate :
• moins de tensions,
• plus de clarté,
• et des décisions qui avancent,
le coaching devient concret.

En parlant le langage de la performance
Je relie systématiquement le travail humain à des enjeux opérationnels :
• temps perdu ou gagné,
• fluidité des décisions,
• efficacité commerciale,
• engagement des équipes.
Le coaching n’est pas présenté comme un développement personnel,
mais comme un levier de performance.

4En gardant une posture directe et pragmatique
Je ne suis pas là pour “animer”, mais pour intervenir sur ce qui bloque réellement.
• je recadre si nécessaire,
• je mets en lumière les dysfonctionnements,
• je travaille sur les interactions en direct.
Cela crée de la crédibilité.

En sécurisant le cadre
Je pose un cadre clair :
• confidentialité,
• respect,
• objectif opérationnel,
• progression mesurable.
Cela permet d’aborder des sujets sensibles sans mettre en danger les personnes.

Le basculement clé
À un moment donné, le dirigeant réalise une chose essentielle :
ce qu’il pensait être “normal” (tensions, lenteurs, incompréhensions)
est en réalité une perte de performance évitable.
Et que :
• quelques ajustements sur la communication,
• la posture managériale,
• et les interactions,
peuvent produire des effets rapides.

En synthèse
Les résistances sont légitimes, car elles reposent sur des expériences ou des représentations souvent éloignées du terrain.
Mais elles se lèvent dès que le coaching est repositionné pour ce qu’il est réellement :
un outil opérationnel pour fluidifier le fonctionnement d’une équipe, améliorer la prise de décision et renforcer la performance collective.
Dans une PME, ce n’est pas un luxe.
C’est souvent l’un des leviers les plus rapides et les plus rentables pour retrouver de l’efficacité.

Vous accompagnez aussi le déploiement de CRM et le marketing digital : comment conciliez-vous ces outils très techniques avec votre approche centrée sur l’humain pour en faire un moteur de cohésion d’équipe et non un simple dispositif de contrôle ou de reporting ?

C’est une question centrale, parce que c’est souvent là que les entreprises se trompent.
Le CRM et le marketing digital sont perçus comme des outils techniques — ce qu’ils sont —
mais dans la réalité, leur succès ou leur échec ne dépend presque jamais de la technique.
Il dépend de l’appropriation humaine et du fonctionnement collectif.
Un CRM mal utilisé devient un outil de contrôle.
Un CRM bien intégré devient un outil de coordination et de performance.

Repositionner le CRM : d’un outil de suivi à un outil d’action
La première étape consiste à changer le regard :
Un CRM n’est pas là pour “remonter de l’information” vers le dirigeant.
Il est là pour aider les équipes à :
• mieux suivre leurs opportunités,
• mieux coordonner leurs actions,
• et mieux servir leurs clients.
Autrement dit : on passe du reporting à l’utilité terrain.
Partir des usages réels, pas des fonctionnalités
Je ne commence jamais par l’outil.
Je commence par les questions suivantes :
• Comment se passe aujourd’hui un cycle de vente ?
• Où se perd l’information ?
• Où y a-t-il des ruptures entre commercial, production, direction ?
• Qu’est-ce qui fait perdre du temps ou des opportunités ?
Le CRM vient ensuite formaliser et soutenir un fonctionnement existant,
pas imposer un modèle théorique.
Travailler les représentations que peut induire un CRM
Dans beaucoup d’équipes, le CRM est vécu comme :
• une contrainte administrative,
• un outil de surveillance,
• ou une charge supplémentaire.
Si cela n’est pas traité, le système sera contourné.
e travaille donc explicitement sur :
• le sens de l’outil,
• son utilité pour chacun,
• et la manière dont il facilite réellement le travail.
Clarifier les règles du jeu
Un CRM ne fonctionne que si le cadre est clair :
• qui saisit quoi,
• à quel moment,
• avec quel niveau d’exigence,
• et pour quel usage.
Mais surtout :
à quoi sert l’information saisie pour les autres.
C’est cette dimension collective qui change tout.
Intégrer le CRM dans les pratiques managériales
L’erreur fréquente est de déployer un outil… sans changer les pratiques.
Concrètement, j’intègre le CRM dans :
• les réunions commerciales,
• les points de suivi,
• les décisions stratégiques.
On ne parle plus “du CRM”, on travaille avec le CRM.
Relier marketing digital et terrain
Même logique pour le marketing digital.
Les outils (campagnes, automatisation, leads) ne valent que s’ils sont reliés à :
• la réalité des clients,
• la posture des commerciaux,
• et la qualité des échanges.
Sinon, on génère des leads… mal traités.
Je veille donc à :
• aligner marketing et commercial,
• clarifier le parcours client,
• et fluidifier la transmission de l’information.
Ce que cela change dans l’équipe
Quand cette approche est respectée :
• le CRM n’est plus vécu comme un contrôle,
• il devient un support partagé,
• les informations circulent mieux,
• les responsabilités sont plus claires,
• et les interactions gagnent en fluidité.
L’outil devient un point d’appui collectif,
et non un point de tension.
En synthèse
Je ne concilie pas l’humain et la technique.
Je replace la technique au service de l’humain.
Un CRM ou un dispositif marketing digital ne crée pas la performance.
Il révèle et amplifie le fonctionnement de l’équipe.
• Si le fonctionnement est flou → il amplifie le désordre.
• Si le fonctionnement est clair → il amplifie l’efficacité.
Mon rôle est donc de travailler d’abord sur :
• les usages,
• les interactions,
• et le cadre collectif,
pour que l’outil devienne naturellement un levier de cohésion et de performance durable.

À partir de ce que vous observez dans les PME aujourd’hui, comment imaginez-vous l’évolution du coaching dans les 5 à 10 prochaines années, notamment à l’interface entre développement humain, performance commerciale et usage des outils numériques ?

Ce que j’observe aujourd’hui dans les PME est assez clair :
les entreprises sont déjà équipées d’outils (CRM, marketing digital, visio, data), mais elles ne sont pas toujours outillées humainement pour en tirer pleinement parti.
Dans les 5 à 10 prochaines années, le coaching va profondément évoluer… non pas en se spécialisant davantage, mais en devenant un point d’articulation stratégique entre l’humain, la performance et les systèmes.

Le coaching va devenir un levier d’intégration, pas un dispositif à part
On va sortir du coaching “à côté” de l’activité.
👉 Le coaching va s’intégrer directement dans :
• les pratiques managériales,
• les cycles commerciaux,
• les usages des outils (CRM, data, IA).
Autrement dit :
on ne coachera plus en dehors du travail, mais dans le travail.

L’enjeu ne sera plus d’apprendre… mais de rendre opérant
Les entreprises ont déjà accès à une quantité massive de contenus (formations, méthodes, outils).
Le problème n’est plus :
“quoi faire ?”
mais
“comment le faire réellement, dans notre contexte ?”
Le coaching va donc évoluer vers :
• de la mise en œuvre concrète,
• de l’ajustement en situation réelle,
• et de la transformation des pratiques.

Une convergence forte entre développement humain et performance commerciale
Historiquement, on séparait :
• le développement personnel,
• le management,
• et la performance commerciale.
Cette séparation va disparaître.
Parce que vendre, manager, négocier, décider…
reposent tous sur les mêmes compétences fondamentales :
• posture,
• clarté,
• qualité relationnelle,
• capacité à gérer l’incertitude.
Le coaching va donc devenir un levier direct de performance économique,
et non plus un accompagnement périphérique.

4e rôle des outils numériques : amplificateurs, pas solutions
Les outils (CRM, marketing automation, IA) vont continuer à se développer.
Mais leur impact dépendra toujours de :
• la qualité des données (donc des comportements),
• la discipline collective,
• la capacité à collaborer.
Le coaching va intervenir précisément à cet endroit :
aligner les usages humains avec les capacités des outils.
Sinon :
• les outils complexifient au lieu de simplifier,
• et génèrent du rejet.

L’émergence d’un nouveau rôle : le “régulateur de fonctionnement”
Le coach de demain ne sera plus seulement :
• un accompagnant individuel,
• ou un formateur.
Il deviendra un intervenant sur les systèmes humains en action :
• régulation des interactions,
• clarification des décisions,
• ajustement des pratiques collectives,
• alignement entre stratégie, outils et comportements.
Un rôle à la croisée du management, du conseil et du développement humain.

Les compétences clés qui vont devenir centrales
Pour les dirigeants et les équipes :
• rendre explicite (décisions, rôles, attentes),
• réguler les interactions (tensions, désaccords, coopération),
• piloter avec des outils sans perdre le lien humain,
• agir dans l’incertitude sans sur-contrôler,
• transformer l’information en décision et en action.
Ce sont ces compétences qui feront la différence, bien plus que les outils eux-mêmes.

  1. Ce qui va réellement changer
La bascule est simple :
Avant : on utilisait le coaching pour développer des individus
Demain : on utilisera le coaching pour faire fonctionner des systèmes humains complexes.

En synthèse
Dans les 5 à 10 prochaines années, le coaching dans les PME va devenir :
un levier d’intégration entre l’humain, la performance et les outils numériques,
un accélérateur de mise en œuvre concrète,
et un outil de régulation du fonctionnement collectif.
Ce ne sera plus un luxe, ni un accompagnement ponctuel,
mais un élément clé de la performance durable.

Et au fond, rien ne change vraiment sur un point essentiel :
ce ne sont pas les outils qui font la différence,
ce sont les personnes… et la manière dont elles travaillent ensemble.

Pour clore, quel message aimeriez-vous adresser aux dirigeants et managers de petites structures qui sentent un potentiel inexploité dans leurs équipes mais hésitent encore à se faire accompagner : par où leur conseillez-vous de commencer, très concrètement, dès demain ?

Je leur dirais quelque chose de très simple :
Ne commencez pas par chercher une solution.
Commencez par regarder précisément ce qui, aujourd’hui, vous fait perdre de l’énergie et de l’efficacité.

Par où commencer, concrètement dès demain ?
Prenez 30 minutes avec votre équipe (ou vos managers) et posez une seule question :
“Qu’est-ce qui, dans notre façon de fonctionner aujourd’hui, nous ralentit le plus au quotidien ?”
Pas en général.
Pas en théorie.
Mais dans le concret :
• une réunion inefficace,
• une décision qui n’avance pas,
• une tension récurrente,
• un manque de coordination,
• une information qui circule mal.
Notez les réponses. Sans vous justifier. Sans corriger.

Deuxième étape
Choisissez un seul point — pas dix.
Et posez une question très opérationnelle : “Qu’est-ce qu’on peut changer dès cette semaine pour améliorer ça ?”
Pas un grand plan.
Un ajustement simple :
• clarifier une décision,
• changer le format d’une réunion,
• poser une règle de fonctionnement,
• définir qui fait quoi.

Pourquoi commencer comme ça ?
Parce que le potentiel inexploité dont vous parlez ne vient pas d’un manque de talent.
Il est déjà là.
Mais il est freiné par des micro-dysfonctionnements quotidiens.
Et ces blocages :
• ne se règlent pas par des grandes transformations,
• mais par des ajustements précis, au bon endroit.
________________________________________
Ce que cela va produire
En faisant cela :
• vous montrez que la réalité peut être dite,
• vous redonnez de la responsabilité à l’équipe,
• vous créez un premier mouvement concret.
Et surtout, vous passez d’une logique d’attente à une logique d’action collective.

Et le rôle de l’accompagnement dans tout ça
L’accompagnement n’est pas là pour faire à votre place.
Il est là pour :
• vous aider à voir ce que vous ne voyez plus,
• structurer ces ajustements,
• et accélérer ce mouvement.
Mais le premier pas ne dépend pas d’un consultant. Il dépend de vous.

En synthèse
Si je devais résumer en une phrase :
Commencez petit, mais commencez sur du réel.
Parce que c’est toujours dans le concret du quotidien que se libère — ou se bloque — le potentiel d’une équipe. Et c’est aussi là que commence toute transformation durable.

Pour en savoir plus : https://www.coachingbyjj.com

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