Aller au contenu principal
PNNS 2023‑2027 : décryptage des 5 axes du programme national nutrition santé, Nutri-Score étendu, circuits courts, restauration collective et conseils pratiques pour mieux manger au quotidien.
PNNS 5: ce que le nouveau programme nutrition santé change pour votre assiette

Les 5 axes du nouveau programme national nutrition santé, expliqués simplement

Le nouveau programme national nutrition santé, dit PNNS 2023‑2027, piloté par le ministère de la Santé et de la Prévention avec Santé publique France, veut rendre la santé plus accessible dans chaque assiette, à la maison comme en restauration collective. Ce cadre d’action national, défini notamment dans la feuille de route publiée au Journal officiel en 2023, s’appuie sur une stratégie en cinq grands axes : des environnements nutritionnels plus favorables, des comportements propices à la nutrition santé, la réduction des inégalités sociales, une alimentation durable et une meilleure coordination territoriale entre les acteurs. Concrètement, ces priorités visent à améliorer la qualité nutritionnelle des produits alimentaires, à soutenir l’activité physique et à renforcer la prévention des maladies chroniques liées à l’alimentation, comme le diabète de type 2 ou certaines maladies cardiovasculaires, qui concernent déjà près de 17 % des adultes selon Santé publique France.

Dans ce cadre, le PNNS met l’accent sur la santé des enfants et des adolescents, en ciblant le surpoids et l’obésité dès le plus jeune âge. Les actions nationales et locales doivent encourager des pratiques de santé plus équilibrées, avec une alimentation saine, moins de produits ultra transformés et davantage de sport santé ou d’activité physique adaptée, notamment dans les quartiers marqués par la précarité alimentaire. L’objectif affiché par les autorités sanitaires est clair : réduire l’obésité et les maladies métaboliques d’ici 2030, mais aussi protéger la santé physique, mentale et environnementale grâce à une alimentation plus végétale et à une meilleure prise en compte du lien entre nutrition et climat, en cohérence avec la Stratégie nationale santé environnement.

Le programme nutrition santé renforce aussi la prévention autour de l’allaitement maternel, de la diversification alimentaire et des pratiques alimentaires familiales. Les recommandations officielles insistent sur la qualité des produits, la limitation du sel, du sucre et des graisses saturées, ainsi que sur la place des légumineuses et des céréales complètes dans l’alimentation quotidienne, avec un objectif de consommation de légumes et fruits d’au moins cinq portions par jour. Ces orientations doivent être déclinées en pratiques santé concrètes par les professionnels de santé, les collectivités et les associations, afin que la stratégie nationale ne reste pas théorique mais transforme réellement les habitudes alimentaires, par exemple via des ateliers cuisine parents‑enfants ou des consultations de prévention en médecine générale. Dans une ville moyenne des Hauts‑de‑France, un programme municipal labellisé PNNS a ainsi permis d’augmenter de 20 % la part d’enfants consommant des légumes au moins quatre fois par semaine en deux ans, selon le bilan transmis à l’Agence régionale de santé.

Nutri-Score étendu, circuits courts et restauration collective : ce qui change au restaurant et à la cantine

Le programme national nutrition santé PNNS 2023‑2027 prévoit une extension expérimentale du Nutri-Score aux aliments non préemballés, annoncée par le ministère de la Santé pour plusieurs régions pilotes métropolitaines et d’outre‑mer dans le cadre d’un décret attendu d’ici fin 2025. Cette phase de test concerne directement les boulangeries, les restaurants et la restauration rapide. À terme, un pain au chocolat, une salade composée ou un plat du jour pourraient afficher un Nutri-Score visible, permettant de comparer plus facilement la qualité nutritionnelle des différentes options alimentaires. Pour les consommateurs déjà attentifs à la liste d’ingrédients et à la nutrition, cette information supplémentaire devient un levier concret pour ajuster leurs choix sans tomber dans une logique culpabilisante, en privilégiant par exemple un plat classé B plutôt qu’un équivalent noté D, comme le souligne le Pr Serge Hercberg, président du comité scientifique du Nutri‑Score.

Dans les cantines scolaires et la restauration collective publique, le PNNS renforce la priorité aux circuits courts et exclut progressivement certaines denrées non européennes, afin de soutenir une alimentation durable et une meilleure nutrition climat. Cette orientation nationale alimentation, cohérente avec la loi Egalim qui fixe un objectif de 50 % de produits de qualité dont 20 % de bio dans la restauration collective publique, vise à rapprocher les produits alimentaires des territoires, à réduire l’empreinte carbone et à améliorer la qualité des repas servis aux enfants et aux adultes. Elle s’accompagne d’actions sur la fréquence des protéines végétales, la limitation des produits trop gras ou trop sucrés et la lutte contre la précarité alimentaire, notamment pour les familles les plus fragiles, avec des objectifs chiffrés de part de produits de qualité et de menus végétariens hebdomadaires, déjà expérimentés dans plusieurs grandes villes comme Lyon ou Bordeaux.

Pour les parents, ces changements signifient des menus de cantine plus alignés avec les recommandations de nutrition santé, avec un meilleur équilibre entre féculents, légumes, protéines et produits laitiers. Concrètement, une semaine type peut inclure deux repas à base de légumineuses, un plat de poisson, un menu végétarien complet et des desserts moins sucrés, en cohérence avec les repères du ministère de la Santé. Les équipes de restauration devront adapter leurs pratiques, leurs achats et parfois leurs recettes, en tenant compte des contraintes de coût tout en respectant la stratégie nationale de prévention des maladies chroniques et du surpoids obésité. Comme le résume une diététicienne de restauration collective travaillant pour un syndicat intercommunal francilien : « Notre défi est de garder des plats appréciés des enfants tout en améliorant progressivement leur profil nutritionnel et environnemental. » Pour approfondir la question de la transition vers les protéines végétales dans ce contexte, un entretien avec une nutritionniste spécialisée est détaillé dans cet article de référence sur la transition vers les protéines végétales, qui éclaire les enjeux de santé et de climat.

Comment utiliser ces nouveaux repères au quotidien, et où le PNNS 5 reste encore limité

Pour intégrer le programme national nutrition santé PNNS 2023‑2027 dans votre quotidien, la première étape consiste à utiliser le Nutri-Score comme un repère, et non comme un juge. Face à deux produits alimentaires comparables, choisir celui dont la qualité nutritionnelle est meilleure reste un geste simple de prévention, surtout si vous vivez avec des maladies chroniques ou un risque de surpoids obésité. En parallèle, combiner une alimentation saine avec une activité physique régulière, même modérée comme la marche rapide ou le vélo elliptique, renforce la santé physique et le sport santé, comme le détaille ce dossier sur le cardio doux et la marche rapide, qui illustre comment atteindre les 150 minutes hebdomadaires d’activité recommandées par l’Organisation mondiale de la santé et reprises dans les repères officiels français.

Le programme national et la stratégie nationale de nutrition santé ne suffisent pourtant pas à eux seuls à corriger toutes les inégalités, notamment en matière de précarité alimentaire et d’accès à une alimentation saine dans certains territoires. Les pratiques de santé restent fortement influencées par le prix des produits, le temps disponible pour cuisiner et l’offre alimentaire de proximité, qui peut être dominée par des aliments très transformés. De nombreux acteurs de terrain soulignent aussi que la prévention ne peut pas se limiter à des messages généraux, mais doit s’appuyer sur des actions locales, des ateliers cuisine, des programmes de sport santé et des dispositifs d’accompagnement personnalisés pour les familles, comme l’expliquent plusieurs associations de quartier impliquées dans l’éducation nutritionnelle et soutenues par les agences régionales de santé dans le cadre des contrats locaux de santé.

Le PNNS 5 avance néanmoins des pistes structurantes pour articuler nationale alimentation, nationale sport et nutrition climat, en reliant alimentation, activité physique et environnement dans une même vision de la santé. Les prochaines années montreront si ces actions nationales se traduisent par une baisse mesurable de l’obésité, des maladies cardiovasculaires et d’autres maladies chroniques liées à l’alimentation, en particulier dans les régions les plus touchées par le surpoids, où près d’un adulte sur deux est en excès de poids selon les dernières données de Santé publique France. Pour suivre l’évolution des recommandations, des pratiques et des débats autour de la nutrition santé, un panorama régulier des politiques publiques et des initiatives locales est proposé dans cette rubrique dédiée aux politiques de santé et de prévention, qui analyse les liens entre alimentation, activité physique et qualité de vie, en s’appuyant sur les textes officiels, les rapports du ministère de la Santé et les retours de terrain.

Publié le